Proxmox VE : nouveautés de la version 4 et conjonction avec Nexenta

Proxmox VE : solution de virtualisation complète (kvm seul), de paravirtualisation (kvm + modules et drivers de para-virtualisation), et de virtualisation légère (LXC). Les versions 4 et 4.1 de Proxmox VE ajoutent plusieurs fonctionnalités intéressantes et provoque certains changements.

 

Le plus gros changement intervient dans le changement du cœur de virtualisation légère. Exit OpenVZ et bienvenue LXC. N’en déplaise aux aficionados d’OpenVZ, la société Proxmox GMBH a décidé de passer la virtualisation légère à LXC. En effet, ce changement permet d’utiliser des noyaux plus récents, de s’affranchir de patchs noyaux spécifiques et enfin d’utiliser un outil intégré au noyau standard.

Le second gros changement est au niveau de la gestion de la haute disponibilité (High Availability). En effet, le moteur a été réécrit. Le principe de base est l’utilisation des quorums et des watchdogs (un watchdog est responsable de redémarrer la machine quand son compteur n’est pas réinitialisé et arrive à 0). Cela évite les interaction incertaines et complexes à mettre en œuvre de type STONIT (shoot into the head) via IPMI par exemple.
Il est maintenant nécessaire d’avoir 3 serveurs pour accéder à la haute disponibilité (afin de pouvoir arbitrer correctement l’état des nœuds). Ressortez un vieux serveur ou prenez une petite machine, cela fera l’affaire.
Un simulateur graphique et didactique a été ajouté et vous permettra de comprendre le comportement de l’algorithme de HA (paquet additionnel à installer).

Enfin IPv6 est supporté sur les noeuds, les machines virtuelles et dans le firewall intégré à Proxmox.

 

Au niveau des mises à jour et petits ajouts (dont certains bien pratiques), nous avons :

  • Console clavier/écran/souris intégrée à l’interface Proxmox (basée sur NoVNC) : plus rapide d’accès pour avoir un aperçu des machines virtuelles.
  • « migrate all » : permet de migrer toutes les machines virtuelles d’un nœud vers un autre, plus besoin de le faire VM par VM (attention à la saturation du réseau d’administration…).
  • Agent qemu : tout nouveau avec Proxmox, pour l’instant cela permet juste d’avoir un retour d’état pour une extinction propre des VMs.
  • « VM protection » : juste une coche pour éviter de supprimer un serveur en production (garde-fou).
  • Comportement de groupe pour la HA (définir des groupes de serveur pour la bascule, autoriser le retour automatique en situation nominale ou pas).
  • Passage du nombre de nœuds maximal de 16 à 32 nœuds.
  • Ordre de démarrage et d’arrêt des VMs : on peut donner un timing précis, mais ce n’est valable que sur le nœud courant.
  • Ajout des périphériques en hot-plug par défaut et par type (en v3 : on peut juste activer/désactiver globalement, en v4 on peut activer/désactiver chaque ressource : Disk / Network / USB / Memory / CPU).
  • Pour ajouter dynamiquement un CPU, il faut le NUMA : option ajoutée mais encore jeune donc à observer.
  • BIOS UEFI pour les VMs : encore jeune, à observer.
  • Installation sur système de fichier EXT4 par défaut (anciennement sur ext3).
  • Installation possible sur système de fichier ZFS.
  • Mise à jour vers Debian 8.2.
  • DRBD 9 en démo technique.
  • Mise à jour CEPH vers la version 0.94.x: hammer release.
  • Iothread (optimise la parallélisation des IO, mais assez jeune donc à observer).

 

Proxmox VE, toujours un plaisir à installer, à utiliser et toujours aussi robuste.

Lors d’une mission récente nous avons testé l’utilisation de Proxmox on conjonction avec la solution de stockage Nexenta. Cette dernière se base sur un noyau dérivé de openSolaris afin d’offrir une qualité maximale en ce qui concerne le système de fichiers et gestionnaire de volumes logiques ZFS (et les targets iSCSI à travers COMSTAR). Grâce à ZFS, un grand nombre de fonctionnalités sont possibles : la vérification des blocs en ligne, les snapshots instantanés et n’impactant pas les performances, le RAID logiciel, la dé-duplication, la compression, le « thin provisionning », la taille dynamique des blocs, … La solution Nexenta agrège tout cela dans un OS spécifique, avec une interface WEB, des interfaces logicielles standards (API RESTfull, SNMP) et permet de réaliser une solution de stockage moderne et en haute disponibilité. Proxmox VE s’intègre très simplement avec la fonctionnalité ZFS over iSCSI. Les nœuds n’ont pas besoins d’utiliser ZFS car ils accèdent à un simple périphérique en mode bloc de type iSCSI. Mais là ou cela devient intéressant, c’est que Proxmox communique avec le serveur Nexenta (ssh) et crée automatiquement les « zvols » qui contiennent les disques virtuels des VMs. Et c’est pour cela qu’il est également possible d’utiliser les « live snapshots » (état complet de la machine, RAM inclue) avec ZFS over iSCSI. Vous utilisez iSCSI pour la performance et le qcow2 pour les « live snapshots » ? Essayer ZFS over iSCSI !

 

Proxmox VE n’a pas à rougir face à ses concurrents (VMware ou Hyper-V), bien au contraire. La qualité et la simplicité de cette solution sont de grands atouts. C’est un projet libre donc gratuit et sans licence. Mais si vous l’utilisez en production, nous vous conseillons de souscrire un contrat de support. Ce afin d’être épaulé en cas de pépin, et aussi de permettre au projet son amélioration continue. Liberasys propose les souscriptions de contrat de maintenance Proxmox en tant que partenaire commercial. Pensez-y :-)